Raouldarc - TALP (Tentative de révolte - Récidive) - 17/12/1458 - Procès public (Gargote)

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Raouldarc - TALP (Tentative de révolte - Récidive) - 17/12/1458 - Procès public (Gargote)

Message  Blanca.Corvinus le 8/1/2011, 21:44

Acte d'accusation
Verania a écrit:Le procureur s'était levée très tôt pour le premier jour du procès de Raouldarc. Elle avait revêtu une houppelande de couleur sombre et une cape bien chaude dont elle avait relevé le capuchon qui lui cachait la tête jusqu'aux yeux. Il faisait un froid de canard ce jour là, mais elle craignait surtout d'être reconnue. Elle pensait que peut-être le prévenu avait des amis qui étaient venus pour le procès, le genre de racailles de Saint-Claude qu'elle voulait éviter à tout prix. Bref, elle ne se sentait pas très rassurée en parcourant les rues de la ville pour se rendre au tribunal ce matin là.
Mais rien de fâcheux ne se produisit.
Elle arriva donc à la salle des audiences. On y avait fait un bon feu dans l'immense cheminée. Elle retira sa cape et s'assit à la table prévue pour l'accusation.
Elle vit entrer le plus haut magistrat de Franche-Comté, Son Honneur le juge Kalvin qui prit place sur un fauteuil qu'on avait installé sur une estrade face à l'assemblée. Il avait l'air très digne. Puis on amena le prévenu devant la Cour, précédé de sa représentante Maître Corvinus. Jetant un regard au prévenu, Verania pensa qu'il n'avait vraiment pas l'air commode le bonhomme. Et sale avec ça! On aurait dit du sang sur sa chemise. Il bombait le torse... cela marquait l'attitude d'un récidiviste sans scrupules qui ne se repentait en aucune façon des délits qu'il avait commis. Le procureur plaignait un peu l'avocate d'avoir à défendre un être tel que lui, mais c'était son travail et elle devait être bien payée.
Lorsque le greffier de la Cour fit son apparition et s'adressa au public dans la salle, leur expliquant le déroulement du procès, Verania savait que se serait son tour tout de suite après. Quand il eût fini et eût prononcé:


Je laisse la parole à Verania, Procureur de Franche Comté pour énoncer l’acte d’accusation.

Verania se leva et s'adressa au juge.

Votre Honneur, l'homme qui se tient là devant vous, Raouldarc, de son nom, est accusé de trouble à l'ordre public. Il a déjà dans le passé été reconnu coupable pour le même chef d'accusation.

Il est accusé par le maire Tristan Masselet, de son village, Saint-Claude, d'avoir tenté, le dix-septième jour de décembre de l'an de grasce quatorze cent cinquante-huit, de prendre la mairie de Saint-Claude en se révoltant.
Cet acte contrevient, Votre Honneur, à l'Article 1, du Chapitre 2 du Code pénal et judiciaire du Livre III du Codex de Franche-Comté, que je cite:
"Toute tentative avortée de prise de mairie, non autorisée, est un acte considéré comme un crime de Trouble à l'Ordre Public"

Votre Honneur, nous allons tenter de démontrer la culpabilité de l'accusé en produisant quatre témoins. Tout d'abord le maire de Saint-Claude, Messire Tristan Masselet; le Major Artifice de la prévôté, qui a reçu la plainte et l'a transmise au bureau du procureur et des deux témoins oculaires, Clem et Morelio qui ont vu l'accusé en train de perpétrer son méfait.

Messire le Greffier, je vous prie, veuillez appeler le premier témoin!

Témoignage 1
Tristan_masselet a écrit:Tristan s'approcha de la barre , le visage dur , jettant un regard froid à Raould'Arc .

Il leva le bras droit et s'écria :


Je jure de dire la vérité , toute la vérité , rien que la vérité !

Puis , toussotant un peu afin dé s'éclaircir la voix , il entama son témoignage .

Monsieur le Juge , Mes dames , messires ,

Le 17 décembre 1458 , au matin , lorsque je me suis rendu à mon bureau de bourgmestre , j'ai remarqué que la petite porte , sise derrière la mairie avait visiblement été forcée . J'ai tout de même réussi à entrer dans mon bureau de maire .
Il faut dire que j'avais prévu , dans la nuit , de renforcer les miliciens , car la veille au soir , le Messire que vous jugez , à savoir Raould'Arc , avait annoncé en taverne qu'il attaquerait la mairie , pour je ne sais quelle raison obscure , fruit de sa déraison et de sa folie .
Aussi , je ne fus pas surpris , lorsque Dame Anne_Cyrella , qui avait rencontré Messire Raoul au matin , m'annonça qu'il lui avait avoué avoir tenté de prendre la mairie .
Et donc , lorsque je reçus un pigeon de messire Clem , milicien cette nuit là , m'informant qu'il avait maté une révolte à 4h05 et qu'il avait reconnu messire Raouldarc , cela confirma tous les éléments que je possédais .
D'ailleurs , je possède encore ce pigeon , que j'ai gardé ... car les paroles s'envolent , mais les écrits restent !

Sortant de sa poche un petit parchemin , Tristan le présenta .

Si la cour veut bien en prendre connaissance , je le tiens à disposition .
Je tiens à spécifier à la cour , que lors des faits , j'étais maire depuis peu de temps , et que le comportement de messsire Raoul aurait pu avoir des conséquences très graves , si quelque brigand était passé par là , où si j'avais omis une protection de la ville , étant encore jeune maire et inexpérimenté .
Que ce même messire Raoul joue les mauvais garçons sans doute à cause de fréquentations peu recommandables , qu'il n'en est pas à son coup d'essai , et qu'il ya lieu de faire cesser ses comportements irresponsables , qui font courir un risque à la municipalité .
Et que la demande de Messire Raoul , de faire un procès public est bien la preuve qu'il n'a d'autre but que de sefaire valoir , jouer la comédie , et encourager d'autres individus du même genre , à produire les mêmes actions , et plonger le Comté dans la révolte et le désordre !

Que par là même , je demande à la cour , une sanction symbolique , afin de ramener le sieur Raoul à la raison et dans le droit chemin . Et que surtout , la patience des maires , et leur bienveillance envers un citoyen qui a l'esprit certes un peu faible , doit s'effacer devant l'intérêt général et les risques que font courir ses pitreries de collégien à la ville de Saint Claude .
Que ne pas réagir , serait accepeter toutes les folies de ce sire , mais aussi de bien d'autres , plongeant notre Comté dans l'anarchie la plus totale !


Tristan , cessa alors son discours , attendant des questions .

Témoignage 2
Morelio a écrit:Et voilà, le jour qu'elle redoutée était arrivé, la jeune Moré était appelé a témoigner contre un homme un peu étrange mais très gentil, et elle avait peur de devoir témoigner contre cet homme, non pas qu'il pourrait lui faire du mal, mais bien par la peur de se faire exclure de son nouveau village...
Elle s'était habillé d'une robe bleue nuit, pour une fois, pour faire bonne impression, puis entra enfin dans la salle d'audience, toute intimidée en voyant toute ce monde.
Elle prit place a la barre et leva la main droite...


Je jure de dire la vérité , toute la vérité , rien que la vérité !

Elle essaya de prendre une voix bien audible puis se lança dans son récit, qui aller être court mais résumant l'essentiel.

Monsieur le Juge , Mes dames , messires ,
Dans la nuit du 17 Décembre 1458, alors que j'effectuais ma ronde a la mairie, le Maire ayant décidé d'augmenter le nombre de milicien,un homme tenta de prendre ladite mairie, cet homme bouscula plusieurs milicien, dont moi même, ayant reçue en pleins ventre un coup de bâton, assez fort je dois dire...
Ce qui me chagrina le plus c'est lorsque je reconnut l'homme, qui n'était autre que le sir Raould'Arc, un homme pourtant bien lorsque je le croisais en taverne...
Après son passage, le lendemain, une dame du nom d'Anne_Cyrella me demande si j'avais reconnu quelqu'un lors de cette révolte, et je lui ai tout fourni..


La jeune femme fit silence et attendit de pouvoir partir de la, n'aimant vraiment pas cette ambiance, n'osant croiser le regard de l'accusé...

Témoignage 3
Artifice a écrit:Un peu plus tôt dans la journée, Artifice s'était remémoré le dossier qu'il avait transmis à la salle d'instruction de la Cour de Justice. En même temps il prit note des éléments importants qui lui sera utile lors de son témoignage.
Il ne tardait pas à rejoindre le tribunal où il assista dés le début au procès en écoutant les divers prises de paroles.
Quand son tour arriva suite à la demande du procureur et après l'accord du greffier, le Major s'avança à la barre et prit la parole à son tour.


Monsieur le Juge,
je me présente à vous en tant que Major, Grand Officier de la Prévôté suite à la demande du procureur de témoigner dans cette affaire qui nous réunis aujourd'hui opposant Messire Raouldarc à la mairie de Saint Claude.
Tout d'abord je confirmerai les dires du procureur que ce messire n'en est pas à sa première tentative de révolte qui s'est déroulée le 13 décembre 1457. Un procès a eu lieu où il a été désigné coupable.
Pour en revenir à l'affaire actuelle, le gendarme Anne_cyrella a pris acte, le 17 décembre 1458, de la plainte du maire dont je vous cite la retranscription :

Raoul devra rendre gorge . J'espère que la justice se prononcera sur le sort de cet homme et le corrigera avant qu'il ne tombe définitivement mauvais garçon . Il est inacceptable , en pleins préparatifs de guerre , et vis a vis d'un maire aussi peu expérimenté et aussi faible que moi , d'entamer ce genre d"actions .
D'ailleurs je me demande si ce n'est pas lui qui est responsable de la disparition de Mac .Enfin , je demande que justice soit faite ! Que le glaive du juge fasse cesser les pitreries ridicules d'un homme qui perd la raison !
Celui-ci nous a en plus fournit deux lettres que lui ont été adressé par les deux miliciens qui défendaient cette nuit là, le Messire Morelio, ici présent et Messire Clem. Tout deux étant formel d'avoir reconnu celui qui a tenté de se révolter, le messire Raouldarc.
Suite au courrier du gendarme Anne_Cyrella adressé à celui-ci, il n'a a aucun moment nié les faits mais s'insurgeant sur le fait qu'on aille pu le reconnaitre sans confrontation lors d'un procès. Il semble oublier qu'il n'est pas un villageois inconnu dans son village.
Voilà, je crois avoir été le plus complet possible.

Première plaidoirie de la défense
Raouldarc a écrit:le raoul trépignait sur son banc ,il avait du mal a tenir en place .voir défiler tout ces accusateur sans pouvoir leur rentrer dans le choux lui devenait insupportable ,fallait il qu il l aima sa corvinus pour ne pas la mettre mal a l aise pour son premier procé .
aussi quand le greffier l invita a venir a la barre il se redressa d un coup ,vif comme l eclair .mais la corvinus l interompi avant meme qu il est eu le temps de commencer en brandissant un papelard.


ah ben pas trot tot tu te decides enfin a intervenir;tu veux ma mort ou quoi?tu veux la garde du mouton pour toi toute seule c est ca?

une fois le papelard posé ,le raoul pu enfin s exprimer

bon deja ,j étais le premier arrivé dans ce tribunal ,ca aurai du etre a moi de passer en premier ,mais bien sur comme toujours on fait passer les vieillard et les bonne femmes avant pffffff .vous croyez que j ai que ca a foutre a etre ici et a ecouter ces sornettes?
quoi qu il en sois je suis innocent ,qu est ce que j irai faire a la mairie? il est connu de tous qu il y a plus rien dedans depuis le passage des angevins dans notre comté et la misérable prestation du conseil d alors. puis je suis encore affaiblis par la lache agression que j ai eu en champagne .ou j ai du me battre contre 50 brigands au moins. j aurai pas pu avoir la force de donner le moindre coup de baton. ce soir je me souviens ,je l ai passé a ma boucherie . j ai tué des canards, vous savez .on attrape les pates d une main ,la tete de l autre et couicccccc on ecarte les bras d un coup sec .bien souvent y a la tete qui s arrache enfin hum je m égare . le fait est que je m occupais de mes canards.
donc ma simple présence ici est une injure a ma personne , ca aurai du etre shenkj a ma place . lui il prend la mairie sans l avis de personne et personne ne lui dis rien? y aurai t il deux justice? une pour les riches et une autre pour les pauvres?C ESTTT UN SCANDALEEEEEEEEE .
quoi qu il en soit j ai bien ecouté ,et le fait est que le dossier ce dégonfle comme une vessie de cochon.monsieur le maire n est plus aussi sur de vouloir ma peau ,certain témoin se rétracte et ne vienne meme pas a la barre comme messire clem . j ai croisé dame morelio qu une fois et encore il faisait très sombres ;elle etait plus occupé a s occuper des miches de sa compagne qu a me reluquer le visage .j etais tellement géné que j ai du sortir de la taverne . suis fort étonné qu elle est pu me reconnaitre ;suis pas le seul blond du village eho .enfin messire artifice n etais meme pas la il ne fait que rapporter que des ouie dire .un simple colporteur de ragot .voila ce que je dis . il reste quoi au final . rien piouuuuuuuut.
allez qu on m acquitte et on en parle plus ,je suis pas rancunier .la faut que je retourne sur les rampard de saint claude puis j ai un beau frere a enterrer .


le raoul plutot satisfait alla se rassoir il regarda la corvinus.

j ai été bon hein,allez va y a ton tour ,fait leur voir de quel lobe euuuh bois tu te chauffe .

il posa sa pogne sur son seant ,et la poussa pour l inviter a commencer sa plaidoirie.

Témoignage 1
Blanca_corvinus a écrit:Alors que l'accusé allait enfin pouvoir prendre la parole, on vint remettre à son avocate une missive scellée. Elle la décacheta et tout en la lisant, posa sa main sur le bras de Raoul lui faisant signe d'attendre encore avant de prendre la parole.
Sa lecture terminée, elle lui glissa quelques mots à l'oreille et se leva:


Votre Honneur, avant de laisser mon client s'exprimer j'aimerais que vous m'autorisiez à m'approcher pour vous remettre une missive qui apparaît comme un nouvel élément dans cette affaire.

Blanca attendit que l'on lui fît signe de s'approcher et remit la lettre au juge.

Au nom de Deos , ainsi soit il !
Je , tristan_masselet , Bourgmestre de Saint Claude , appelé comme témoin au procès du Sieur Raouldarc , demande que soit lu cette présente missive , comme apportant des éléments déterminants et nouveaux qui doivent être pris en compte dans ce procès , et que je jure comme véritables et sincères :
A savoir que depuis sa mise en accusation , Messire Raouldarc a fait acte de repentance , en défendant ce qu'il avait attaqué . Ce messire a en effet , de son plein gré , ou sous l'impulsion de relations plus respectables , participé , comme il participe , à la défense civile , bénévole , et régulière de la ville de saint claude , offrant sans regrets sa poitrine en rempart aux coups ennemis qui pourraient salir notre ville .
D'attaquant , le voila notre plus fidèle défenseur . Après avoir tenté de défoncer les portes , il en barre l'entrée de son corps pour que d'autres n'aillent pas profaner nostre mairie .
Je ne peux donc que constater que Messire Raouldarc a changé son comportement , écoutant enfin la voie de la raison et de la droiture . Cela est grand !
Aussi , à vous , qui jugez , je demande la clémence . Punissez le mais avec retenue . Cet homme est un enfant perdu des bas fonds de Saint Claude . Il fait un effort pour se sortir de la glèbe infertile où l'ont plongé de mauvaises relations , de boissons frelatées , de vilaines habitudes . Les chairs sanguignolentes qu'il manipule chaque jour , les nourritures douteuses , la compagnie de rats , de chats noirs et autres créatures chtoniennes sont autant d'invitations du diable ! Or voyez , comme il leur tourne le dos . Il rejoint nos amis sur les remparts , il a un chien .... et quel chien ! un chien blanc comme un mouton !!!
Je demande donc que le glaive de la justice ne soit pas un glaive vengeur , mais une menace , une épée de damoclès qui fasse réfléchir l'accusé à ses comportements . Bref que cela l'améliore au lieu de l'enfoncer , qu'il soit mis à l'épreuve du temps .
Fait en nostre ville de Sainct Claude , le 2eme de janvier , l'an M CCCC LVIIII de nostre Seigneur
Tristan_masselet , bourgmestre en la ville

Témoignage 2
Blanca_corvinus a écrit:Maître Corvinus avait senti son cœur manquer quelques battements lorsque le juge voulut redonner la parole à l’accusation alors qu’elle attendait patiemment de prendre la parole depuis le début du procès. Mais tout revint rapidement à l’ordre. Elle se leva donc et commença sa plaidoirie.

Votre Honneur, je tiens tout d’abord à vous dire que mon client a pleinement conscience de la gravité des accusations qui sont portées à son encontre. Ses manières peuvent certes choquer et sembler n’avoir pour but que la provocation, mais c’est en réalité un appel à l’aide qu’il tente de vous adresser, avec ses moyens et ses mots, qui sont ceux d’un homme simple et sans détours.
Je pense que la missive que je vous ai remise, écrite de la main du maire de Saint-Claude, est suffisamment éloquente pour montrer que Raoul est un bon bougre et qu’il ne ferait jamais de tort volontairement ou non à ses concitoyens. Maintenant je ne suis pas ici pour faire son apologie, mais bien pour faire la preuve de son innocence en me basant sur des faits.


Elle jeta un oeil à ses notes puis continua, le regard franc et sûr.

Les faits… voilà bien une chose qui brille par son absence depuis le début de ce procès, votre Honneur.
Il a tout d’abord été fait mention par messire Tristan Masselet, maire de Saint-Claude, de préméditation de la part de mon client, lorsque celui-ci aurait annoncé publiquement son intention de prendre la mairie ce soir-là. J’étais moi-même présente et je peux vous dire que personne n’a pris ces affirmations au premier degré, y compris le maire lui-même, puisque nous étions dans le cadre d’une discussion grivoise.
Pour vous donner une idée plus précise, mon client a dit qu’il allait prendre la mairie "par derrière", le maire a ajouté en souriant "par la petite porte ?" et mon client de répondre qu’il préférait passer par "l'entrée des artistes". J’ai moi-même parlé de "voir si il y avait du monde au balcon" et de "jouer de son instrument". Bref, je pense que tout le monde aura compris la teneur de la discussion et qu'il ne s'agissait aucunement d'affirmations à prendre au premier degré.
De plus, n’importe qui à Saint-Claude vous dira que mon client a la langue bien pendue et aime provoquer mais qu’il ne faut pas prendre pour argent comptant toutes ses affirmations. Pour appuyer mes dires, vous n’aurez qu’à demander le procès-verbal du Conseil municipal de Saint-Claude où, à l’exception de messire Tristan, personne ne voulait prendre cette prétendue tentative de révolte au sérieux, ni entamer les démarches auprès de la prévôté.
Ensuite messire Tristan prétend que mon client aurait passé aux aveux le lendemain matin. Je m’étonne que l’accusation n’ait pas souhaité faire venir témoigner dame Anne_Cyrella, qui aurait soi-disant recueilli cette confession et qui n’en fait aucunement mention dans le dossier qu’elle a elle-même monté à la prévôté. Cela laisse songeur sur la véracité de ces affirmations.
De plus, en parlant de faits auquels il n’a pas lui-même assisté, messire Tristan viole l’article 2 du chapitre 4 du Codex de Franche-Comté qui dit que :
Alinéa 3 : Le(s) témoin(s)
Il leur est conseillé d'effectuer leur témoignage en temps et en heure, et de s'en tenir aux faits observés par eux-mêmes.


Blanca marqua une courte pause et poursuivit d’un air un peu emprunté :

Votre Honneur, j’avoue me retrouver dans une situation ambivalente aujourd’hui, car j’ai en ma possession une lettre de messire Tristan adressée à mon client qui prouve qu’il n’était pas entièrement maître de ses actes et de ses paroles le jour où il a décidé de porter plainte dans cette affaire. Toutefois messire Tristan ayant depuis fait preuve de repentir et même de soutien envers mon client, je ne puis me résoudre à étaler publiquement les propos qu’il tient dans cette lettre. Propos que je mets sur le compte de la pression qu’il subissait alors en tant que maire récemment élu, ajouté aux menaces de guerre chez nos voisins Confédérés, tout cela associé à la disparition foudroyante de sa compagne, dame Maclaire. Toutefois, je me permettrai de faire connaître la teneur de cette lettre à la Cour et à l’accusation, afin de prouver que mes dires ne sont pas pure invention.

Blanca alla remettre un exemplaire de la lettre au Juge, au Greffier, au Procureur, ainsi qu’au Plaignant.

Bien. J’en viens aux autres témoins de l’affaire.
Tout d’abord dame Morélio, nouvelle venue à Saint-Claude, prétend avoir reconnu mon client le soir de la révolte. Selon ses allégations, mon client aurait bousculé les miliciens et lui aurait même asséné un coup violent au ventre, mais aucun détail sur la façon dont l’agresseur aurait été ensuite maîtrisé, l’empêchant par là même d’aller au bout de sa révolte. Ces éléments laissent à penser que dame Morélio n’a pas un souvenir très net de cette soirée-là et même qu’elle affabule.
En outre, elle a parlé d’un renforcement de la milice, lié aux menaces de guerre qui depuis se sont concrétisées chez nos voisins helvètes et savoyards. Je rends la Cour attentive au fait que les miliciens subissaient une pression particulièrement accrue ce soir-là vis-à-vis de tout déplacement ou mouvement suspect. Il se peut tout aussi bien que mon client soit passé à ce moment-là par hasard et qu’il soit victime d’une erreur des miliciens à cran.
Le témoignage de messire Clem, consigné dans le dossier d'accusation, est particulièrement édifiant. En effet, messire Artifice ici présent a omis de mentionner le fait que la déposition de messire Clem parle de deux évènements ayant eu lieu le soir du dix-septième au dix-huitième jour de décembre. C’est ce second évènement sur lequel je souhaite revenir.
Messire Clem affirme avoir reconnu un certain messire Bralic et l'avoir vu en train de former une armée à proximité des remparts de Saint-Claude. Quoi de plus normal en période de menace militaire me direz-vous ? Certes, seulement le messire en question, Bralic, est mort en héros au champ de bataille il y a de cela plusieurs mois et mange désormais les pissenlits par la racine !
Votre Honneur, comment pourrait-on apporter la moindre crédibilité au témoignage d’un milicien victime d’hallucinations ? Dès lors, ne se pourrait-il pas qu’il ait également imaginé voir mon client tenter de prendre la mairie de Saint-Claude ce soir-là ? Peut-on condamner un homme en se basant sur un témoignage aussi faible ?
En outre, messire Clem, m’a confié n’avoir pas souhaité venir témoigner aujourd’hui car il n’était plus tout à fait certain d’avoir reconnu mon client. Je ne peux que regretter qu’il n’ait pas souhaité faire part à la Cour de ce revirement et j’espère qu’il aura l’occasion de le faire d’ici la fin de ce procès.
Pour terminer, je reviens sur l’allusion faite par messire Artifice au passé quelque peu entaché de mon client. Juger un homme sur une faute unique qu’il a commise il y a plus d’un an, alors qu’il est innocent du crime dont on l’accuse aujourd’hui, me semble injuste. A l’époque mon client a reconnu sa faute et payé sa dette à la société en s’acquittant de sa peine. De la même façon, ces derniers jours il n’a pas cherché à fuir les accusations portées contre lui. Il aurait très bien pu s’exiler ou refuser de collaborer, au lieu de cela il s’est montré digne de confiance en se présentant ici devant la Cour pour répondre aux accusations faites contre lui et dans le but de prouver son innocence.


Blanca en arrivait à la fin de sa plaidoirie, elle espérait n’avoir pas été trop longue.

Etant seule à témoigner en faveur de mon client, quand j'entends le portrait qu'en dresse Madame le Procureur, je ne peux que l'inciter à se rendre un jour à Saint-Claude et interroger les gens. N'importe qui lui dira qu’au-delà des apparences, c’est un homme dont la franchise et la fiabilité sont appréciées.
Afin d’appuyer plus fortement mes dires, j'ai ici une preuve que mon client compte comme une personne de confiance auprès de gens eux-mêmes respectés et bien considérés dans notre Comté. Je tiens à disposition de la cour l’intégralité du testament rédigé par le gouverneur Acis d’Ormerach en date du 20 décembre dernier et dont je me permets de vous lire un extrait:
Afin de garantir a fidélité à notre Suzeraine, par delà la mort, nous décidons, afin que nul ne conteste, que Raouldarc, simple paysan de Saint-Claude, notre beau-frère, malgré la mort de feu notre soeur Nymphétamine sa compagne, héritera de la Seigneurie des Rousses, et recevra le titre de Seigneur après avoir renouvelé l'hommage décrit ci-dessus envers notre Suzeraine, Dame Lysiane d'Ormerach, Comtesse de Morez et de Morteau, selon les bonnes dispositions de la Hérauderie Impériale, qui suivra l'anoblissement en vertu de ce testament. Raouldarc aura l'obligation de rendre ses comptes à sa nouvelle Suzeraine, pour qui il tiendra ses terres et devra se plier aux obligations qui incombent à la tenue de ce Titre et à ses devoirs de Vassal fidèle. Il tiendra cette Seigneurie des Rousses par un hommage lige envers Dame Lysiane d'Ormerach.
J’aurais aimé que le Gouverneur vienne témoigner en personne devant la Cour, mais se trouvant dans un état de santé très grave, je n’ai pu me résoudre à le convoquer ici.
Je n’ai rien d’autre à ajouter, votre Honneur. Merci de m’avoir écoutée.


Sur ces mots Blanca se rassit, sentant un poids énorme quitter ses épaules.

Réquisitoire de l'accusation
Verania a écrit:Le procureur avait bien écouté le témoignage de l'accusé et la plaidoirie de la défense. Maître Corvinus avait fait un bon travail pour essayer de sauver son client. Elle avait été très éloquente, mais malgré le talent de Blanca, la preuve était tout de même là. Verania présenta donc au juge son réquisitoire.

Votre Honneur, vous avez devant vous un homme qui semble se moquer totalement de la justice de Franche-Comté. Raould'Arc, ce récidiviste, qui un an après avoir été reconnu coupable du même méfait pour lequel il comparaît devant vous aujourd'hui, ne fait vraiment rien pour attirer votre clémence.

Je voudrais attirer votre attention tout d'abord sur les motifs qui ont pu le pousser à commettre l'acte qu'on lui reproche aujourd'hui.
L'accusé proclame son innocence en demandant: qu'est-ce que j'irais faire à la mairie? Votre Honneur, il est clair que cet homme est un vantard et un affabulateur de la pire espèce. Vous l'avez aussi bien que moi entendu se vanter de s'être défendu contre une cinquantaine de brigands... au moins... cela nous montre à quel point cet homme aime attirer l'attention par ses prétendues prouesses!!

Les motifs qui ont pu pousser le prévenu à poser le geste qu'il a posés se trouvent donc dans son besoin irrésistible d'attirer sur lui l'attention, mais il y a aussi autre chose. N'avez-vous pas remarqué, Votre Honneur, la façon dont il s'adresse à son défenseur? Cette familiarité? Il ne serait vraiment pas étonnant que ces deux Sanclaudiens aient gardé les cochons ensemble dans leur jeunesse. Il ne fait aucun doute pour moi qu'un des motifs pour avoir tenté de prendre la mairie le 17 décembre dernier était de procurer du travail à son amie, Maître Corvinus, qui n'avait pas encore réussi à trouver de clients jusque là, les délits étant rares en cette période de l'année et rares aussi sont les prévenus qui réclament les services d'un avocat en Franche-Comté. Loin de moi l'idée que Maître Corvinus soit une personne du même acabit que son client, et je suis certaine qu'elle ne se doute même pas que Raould'Arc ait voulu lui faire une fleur, mais il me semble évident que, lorsque Maître Corvinus relate les paroles qui ont été prononcées en taverne à la veille des événements, dans lesquelles transparait cette familiarité, cette idée ait pu germer dans la cervelle de l'accusé.

Votre Honneur, en ce qui concerne la preuve des agissements du Sieur Raould'Arc, nous avons un témoignage d'une personne qui est certaine d'avoir vu l'accusé en train de perpétrer son méfait. Le témoignage de Dame Morélio est la pierre angulaire de l'accusation parce que non seulement cette personne a reconnu l'accusé, mais ses paroles ont encore plus de valeur, car elles dénotent l'étonnement et même la déception de la milicienne lorsqu'elle a reconnu l'accusé. En effet, Votre Honneur, Dame Morélio a bel et bien ajouté, et je cite:

Dans la nuit du 17 Décembre 1458, alors que j'effectuais ma ronde a la mairie, le Maire ayant décidé d'augmenter le nombre de milicien, un homme tenta de prendre ladite mairie, cet homme bouscula plusieurs milicien, dont moi même, ayant reçue en pleins ventre un coup de bâton, assez fort je dois dire...

Ce qui me chagrina le plus c'est lorsque je reconnut l'homme, qui n'était autre que le sir Raould'Arc, un homme pourtant bien lorsque je le croisais en taverne...

Le procureur marqua une pause avant de répéter en insistant:

« Ce qui me chagrina »...

En effet, Votre Honneur, le témoin, malgré, le fait que cela la chagrinait d'avoir reconnu l'accusé, qu'elle semble trouver plutôt sympathique, a tout de même témoigné à son encontre, parce qu'elle est une femme pour qui le devoir passe avant les amitiés... Son témoignage à lui seul vaut plus que tout ce qui s'est dit jusqu'ici aujourd'hui Votre Honneur!
L'accusé dit que le témoin a pu voir une autre personne parce qu'il y a d'autres blonds au village à part lui. Mais y a-t-il, votre Honneur, une autre blond à Saint-Claude et dans toute la Franche-Comté, qui sente aussi mauvais que Raould'Arc? Je suis convaincue que le témoin, même si cela ne lui est pas venu à l'idée d'en faire mention lorsqu'elle a fait sa déposition, tout simplement parce que cela est tellement évident, a reconnu Raould'Arc encore plus à l'odeur corporelle totalement insupportable que celui-ci dégage et qui est reconnaissable à vignt pas!

Votre Honneur, je ne vais pas aller plus loin et revenir sur d'autres paroles qui ont été prononcées lors de ce procès, ni aux missives ou autres soit-disant pièces justificatives. Non! La Cour n'a que faire des témoignages de gens qui ne savent pas sur quel pied danser et essaient par toutes sortes de moyens d'embrouiller la justice. Mon réquisitoire est suffisamment clair pour que la justice puisse être rendue !

Votre Honneur je réclame, au nom de la Franche-Comté, un verdict de culpabilité clair et sans circonstances atténuantes, pour le récidiviste, le boucher Sieur Raould'Arc!


Verania se rassit et but une gorgée d'eau, en attendant la décision du Juge Kalvin.

Deuxième plaidoirie de l'accusation
Blanca_corvinus a écrit:Blanca ne put s’empêcher de remarquer le soupir du greffier lorsqu’elle retourna à sa place, elle se promit de s’assurer auprès du juge qu’il lui ferait une remarque sur un tel comportement à la fin du procès.

Mais pour l’heure c’était à l’accusation de commencer son réquisitoire, que Blanca écouta avec attention. Elle fut fort étonnée du chemin que prit dame Verania, préférant se livrer à des attaques personnelles plutôt que de consolider ses accusations par des faits. C’était un jeu dangereux que Blanca avait espéré éviter, car ce genre d’affirmations pouvait facilement être interprétées par la Cour comme le signe qu’on se sentait acculé et à court d’arguments.

La procureur termina son discours sur une requête sans appel qui semblait fortement exagérée compte tenu de la légèreté des preuves, mais Blanca devrait faire avec et attendit donc patiemment qu’on lui donnât la parole.

Ce fut le Juge qui lui la donna:


Hum oui, Votre Honneur, je souhaiterai réagir à ce qui vient d'être dit.

Loin de moi l’idée de vous dire ce qu’il est bon ou non d’accepter dans votre Cour mais à mon sens madame le Procureur vient tout bonnement de dépasser les bornes !

D’abord elle prétend que mon client « se moque totalement de la justice de Franche-Comté » ce qui est faux compte tenu de sa présence en ces lieux aujourd’hui et du fait qu’il ait patiemment attendu son tour pour prendre la parole, faisant par là même preuve de respect envers le Cour.

Ensuite elle ne tient absolument pas compte du témoignage apporté par la défense et certifié authentique, à savoir la lettre du maire de Saint-Claude - plaignant dans cette affaire - qui dit que Raouldarc participe de son plein gré « à la défense civile, bénévole et régulière de la ville de Saint-Claude, offrant sans regrets sa poitrine en rempart aux coups ennemis qui pourraient salir notre ville. D′attaquant, le voilà notre plus fidèle défenseur. »

Si ces propos n’innocentent certes pas mon client, ils devraient fortement modérer la peine requise par l’accusation contre lui. Mais que nenni ! Au contraire Madame le procureur réclame : « au nom de la Franche-Comté, un verdict de culpabilité clair et sans circonstances atténuantes » alors que le plaignant dans cette affaire, messire Tristan, demande clairement dans sa lettre : « Aussi, à vous qui jugez, je demande la clémence. Punissez-le mais avec retenue. ».

Votre Honneur, en exigeant que mon client soit condamné sans circonstances atténuantes et en ne tenant pas compte de la demande de messire Tristan, madame le Procureur va à l’encontre de l’article 1 de la Charte du Procureur de Franche-Comté:
Le procureur représente les intérêts de la victime.
Aveuglée par son envie de gagner ce procès coûte que coûte en infligeant une peine exemplaire à mon client, Madame le procureur va même plus loin puisqu’elle ne se contente pas de dédaigner les preuves amenées par la défense mais qu’elle va jusqu’à en fabriquer de toutes pièces !

Tout d’abord elle réinterprète entièrement le témoignage de dame Morelio, lui prêtant des pensées qu’elle n’a jamais exprimées devant cette Cour.

Mais y a-t-il, votre Honneur, un autre blond à Saint-Claude et dans toute la Franche-Comté, qui sente aussi mauvais que Raould’Arc? Je suis convaincue que le témoin […] a reconnu Raould’Arc encore plus à l’odeur corporelle totalement insupportable que celui-ci dégage et qui est reconnaissable à vingt pas!

Votre Honneur, dame Morélio a prêté serment sur le Livre des Vertus ainsi que l’exige la procédure et elle n’a jamais fait mention d’une odeur désagréable dans son témoignage. Ce n’est donc que pure affabulation de la part de la procureur que d’en faire mention. En cela, Madame le procureur bafoue l’article 5 du Code Pénal, Chapitre 1 qui dit :
Alinéa 2
Un témoignage est la preuve orale ou écrite déposée par un témoin sous serment sur le livre des Vertus lors d’un procès ou d’une déposition. Une déclaration qui confirme la véracité de ce que l’on a vu, entendu, perçu, vécu.
Alinéa 3
Si une personne se parjure en apportant un faux témoignage, elle sera poursuivie pour Trouble à l’Ordre Public.

Non seulement Madame le procureur n’était pas présente le soir où mon client aurait été aperçu devant la mairie mais en plus elle va jusqu’à affirmer qu’il a été reconnu à son odeur, émettant en cela un faux témoignage devant la Cour !

De plus, si, comme Madame le procureur l’affirme, mon client avait une odeur corporelle si insupportable, ne pensez-vous pas que dame Morelio en aurait fait mention par elle-même lors de son témoignage et n’est-ce pas la preuve accablante qu’elle a pris mon client pour un autre ? En voulant détourner les preuves à son avantage, l’accusation ne fait que prouver une fois encore l’innocence de mon client.

Je trouve d’ailleurs cette remarque sur l’odeur de mon client particulièrement révélatrice, car elle laisse transparaître les sentiments personnels que nourrit Madame le procureur à l’égard de mon client, à savoir que son comportement, ses manières et son odeur, qui sont celles de n’importe qui travaillant dans une boucherie et n’ayant pas recours à des bains fréquents, l’incommodent au plus haut point. C’est de la discrimination pure et simple !

De plus, en traitant mon client de « vantard et affabulateur de la pire espèce » avec un « besoin irrésistible d’attirer sur lui l’attention », c’est bien la personnalité de mon client qu’elle critique et non ses actes, portant en cela atteinte à l’un des fondements de la Constitution de Franche Comté, Volume 1, Article 4:
Tous jouissent des mêmes droits et devoirs. Nul ne peut-être jugé pour ce qu’il est, ce qu’il pense, ou ce qu’il croit, à condition de ne pas enfreindre les lois réunies dans le Codex de Franche-Comté.

Cette remarque n’a pour but que d’intimider la défense et de faire sortir mon client de ses gonds. En quoi le fait de se vanter s’être battu contre des brigands, qu’ils soient 50 ou 2, est-elle une atteinte au Codex de Franche-Comté ? Il ne s’agit là que d’une simple digression de la part de mon client, qui n’a pas l’habitude de s’exprimer dans une Cour de justice, comme vous l’aurez compris.

Toutefois juger une personne sur son odeur ou sur sa manière de s’exprimer est une violation du droit de mon client à un procès honnête et équitable. La répulsion que ressent Madame la procureur vis-à-vis de mon client justifie-t-elle qu’on lui refuse le droit de se défendre ou d’obtenir un jugement en sa faveur, au mépris de notre Constitution ? Vous et moi savons qu’il n’en est rien et qu’un tel acte serait la preuve d’une justice discriminante et faisant preuve de partialité !


Blanca fit une pause dans son discours, hésitant encore sur la manière de réagir face à certaines attaques dirigées contre elle également. Puis elle se décida :

Votre Honneur, l’accusation va même beaucoup plus loin en faisant certaines remarques sur la relation entre mon client et moi-même qui sont totalement déplacées dans le contexte du procès qui nous occupe et qui n’ont pour but que de porter atteinte à l’honneur de mon client et à ma réputation d’avocate fraîchement diplômée.

Par ses insinuations, Madame le procureur sous-entend que mon client aurait commis ce crime pour me procurer du travail. C’est là une accusation que je considère comme une insulte au sens du droit ancien – qui a valeur de coutume n’ayant pas été remplacé depuis – qui stipule :
Droit pénal, Codex livre 1, Article 4 « Comportements et insultes »
Constitue un acte d’insulte publique : Tout propos public souillant l’honneur personnel d’un habitant du Comté ou de son ascendance et choquant sans conteste l’opinion publique.

Sans en apporter la moindre preuve et en toute illégalité, Madame le procureur porte atteinte à ma dignité de deux façons.

En tant que femme tout d’abord puisqu’elle sous-entend que je me laisserais manipuler par mes sentiments pour un homme au point d’en perdre tout jugement critique.

En tant qu’avocate ensuite puisqu’elle prétend que je serais complice malgré moi d’un coup monté visant à déboucher sur un procès public à seule fin de me « faire la main » en tant qu’avocate. Cela va à l’encontre de la déontologie et de l’éthique que j’ai juré de respecter en prêtant serment au Barreau de Franche-Comté !

J’invite donc Madame le procureur à vérifier ses sources plus que douteuses avant de proférer de telles calomnies vis-à-vis d’un membre du Cabinet d’Avocats de la Franche-Comté à l’avenir.

Enfin par ses sous-entendus, Madame le procureur suggère que le fait que l’accusé et moi vivions dans le même village et soyons amis ait une quelconque incidence devant cette Cour. Mais madame le procureur oublie un peu vite que le plaignant, messire Tristan, vient lui aussi de Saint-Claude, tout comme vous, Votre Honneur.

Si nous suivions son raisonnement jusqu’au bout, vous ne devriez donc pas vous trouvez dans cette chaise aujourd’hui, sous prétexte que je vous côtoie régulièrement en taverne et que nous avons « gardé les cochons ensemble » pour reprendre les mots de l’accusation.

Votre Honneur, compte tenu des détournements et inventions de preuves, des attaques personnelles et autres vices de procédure qui ont eu lieu devant cette Cour, je vous demande de conclure à un non-lieu.

Sans quoi je me verrai dans l’obligation morale de faire la lumière sur certaines méthodes employées par les membres de notre Justice.

Je vous remercie de votre attention.


Blanca se rassit, prête à entendre la sentence du juge.

Verdict
Kalvin a écrit:Suite aux deux plaidoiries, le juge se massa les tempes, sentant la migraine poindre le bout de son nez, y a pas à dire que ce soit la procureur ou l'avocate, ils n'ont pas été de mains morte... Enfin, c'était à lui de prendre le parole, il s'accorda donc un moment de réflexion avant d'avancer les premiers mots

- Messire Raould'arc veuillez vous lever ! l'intonation était sec et dur, il ne laissait pas l'occasion de discuter l'ordre.

Je dois avouer une certaine perplexité au vue de la tournure de ce procès, l'accusation comme la défense semble avoir oublié le principe même de l'accusation, cherchant à poindre des liens inexistants, voir existant entre vous, votre avocate, le maire, et moi-même.

Je crains que ce procès aie été pollué par des sentiments divers et variés, mais cet ainsi...L'homme n'est qu'une faible créature indécise, que voulez vous ? le juge sourit, marquant une pose tout en posant son regard sur la procureur, l'avocate et tout les intervenant ayant été appelé à la barre

Cependant, mon rôle est de poser un verdict sur un acte qui n'est pas fins et encore moins excusable.
Lors de ce procès de nombreux témoignages ont concordé vers un seul et même point, tous converge vers l'idée que vous étiez l'homme ayant tenté de prendre la mairie...
C'est à cette conjecture là que je me tiens, le jugement n'a pas lieu d'expliquer vos motivations, ni de faire lumière sur la possibilité de mettre en avant votre relation avec Maitre Blanca corvinus. Personne ne doute des compétences de cette dernière et bien que Dame Verania ait émis cette possibilité, elle n'entre pas en compte dans mon jugement.

Votre avocate réclame un non lieu, certes, mais pour quelles motifs ?

Le manque d'intérêts porté à la victime de ce jugement par le procureur ?
Des témoignages douteux et réinterprétés ?
Une question de désinvolture à votre encontre ?
Voir des accusations insultantes et hors de propos ?

Bien analysons les voulez vous ?

La victime :
A mes yeux, la seule victime probable qu'il y aurait pu avoir est le fait que la mairie soit destituer de son maire et par ce fait éventuellement piller, ou au mieux gérer par un individu dont personne n'a souhaité sa présence...
Si vous souhaitez devenir Maire Messire Raould'arc, je vous invite à suivre la voix officielle.

A aucun moment de ce jugement, je n'ai vu dame Verania oubliez cette victime de vue. L'argument apporté par la défense est une lettre de Messire Tristan demandant la retenue.
Selon moi, un punition clair n'est pas pour autant innocente de clémence...
L'argument n'a donc pas lieu d'être.

Les témoignages douteux
: J'ai bien ouïe les interprétations des uns et des autres, j'ai également vu clairement les lettres parasitant le jugement. Je ne dirais qu'une chose...Certains ici semble avoir oubliez qui était sur le banc des accusez...je ne relèverai donc pas le document apporté par la défense, mais n'excuse cependant pas l'initiative du maire, quand à la teneur de celle-ci.

Si votre client, Maitre Blanca Corvinus, s'estime lésé, qu'il se présente en justice, le greffier se fera un plaisir de prendre note de la plainte.

Pour, finir, concernant les deux point suivants, il ne s'agit non pas de charges porté envers Messire Raould'arc, mais clairement des attaques en vue de fragilisé la défense et de l'acculé dans une plaidoirie agressive et outrée... Selon moi, Maitre Blanca Corvinus, vous vous êtes laissée prendre au jeu... Je suis sur que vous connaissez vos droits et savez ce qu'il vous reste à faire , si vous vous estimez outrée par de tel propos.

Venons en maintenant au fait :

Messire Raould'arc, vous êtes accusé de troubles à l'ordre public pour avoir mené une révolte contre la mairie de Saint-Claude.
Révolte confirmé par deux témoignages, à savoir celui de Dame Morélio, de garde ce soir là, et de Clem par l'entremise de Messire Artifice.
Tout deux vous ont clairement reconnu; pour rappel, voici les mots énoncé par Dame Morélio :

Ce qui me chagrina le plus c'est lorsque je reconnut l'homme, qui n'était autre que le sir Raould'Arc, un homme pourtant bien lorsque je le croisais en taverne...

ainsi que ceux apporté par messire Artifice , représentant Clem, ayant refusé de se présenté à la barre :

le Messire Morelio, ici présent et Messire Clem. Tout deux étant formel d'avoir reconnu celui qui a tenté de se révolter, le messire Raouldarc.

A cela, la défense n'a produit que de vagues possibilités , jouant sur l'absence de lune et de clarté, émettant l'éventualité que les deux gardes aient pu apercevoir une personne autre que l'accusé.

Les faits et les témoins sont là Messire Raould'arc et votre défense reste faible devant des témoignages fiable et précis. Vous étiez présent le soir de la tentative de révolte et vous étiez le seul à avoir essayé de prendre la mairie !

A cette fin et au vue des divers courriers montrant un certains repentir de votre part, je vous condamne à deux jours de prisons fermes, en espérant que ces derniers vous seront salutaires et vous permettront de réfléchir aux conséquences qu'auraient pu engendrer votre action !
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Blanca.Corvinus

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