Eiddin - Haute trahison - 17.93.1457

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Eiddin - Haute trahison - 17.93.1457

Message  Blanca.Corvinus le 7/4/2011, 10:34

Acte d'accusation
Elaessya, lorsqu'elle avait appris la nouvelle, était choquée... Dire qu'elle s'était donnée tant de mal pour remonter les 14000 écus de dette de Vesoul envers le Comté...donnant systématiquement jusqu'à ses écus durement et honorablement gagnés, ses récoltes personnelles ainsi que l'usufruit de sa taverne à la mairie...
Tout cela pour cela...
Elle inspecta l'accusé, tentant de sonder jusqu'à son âme, profondément déçue de son successeur, qui avait pourtant bien commencé son mandat. Donnez un peu de pouvoir à un faible homme, et voilà comment il tournait...c'était déplorable, pitoyable même. Lui qui s'était engagé à poursuivre les efforts qu'elle avait fait tout au long de ses cinq mandats.

Elle le regarda d'un oeil mauvais. C'est avec sang froid, et la tête haute, qu'elle prononça l'acte d'accusation.*

Votre Honneur,

Comparait devant vous le sieur Eiddin de Riddermark, Maire de Vesoul.

Il est accusé d'avoir abandonné son poste, ayant quitté la Ville. Il est également suspecté d'être parti avec la trésorerie, et peut être même des biens de la Ville.

Fait le dix huit mars de l'an 1457.

Première plaidoirie de la défense
*Un jeune homme à la tignasse blonde, l'air visiblement faible et mal en point, une balafre au niveau du menton et sûrement d'autres cicatrices et bleus sur le corps, se présenta devant le procureur Elaessya.

Il ne put s'empêcher un sourire; de ceux qu'on lui voyait arborer avant qu'il ne décide d'être un bon politicien et qu'il se contentait de faire la paire avec son jumeau et aîné Gawen. Cette situation lui rappelait, non sans une pointe de nostalgie, ses anciens haut faits avec lui. Cette fois ci encore c'était elle qui s'était chargée de ses gnioleries et qui avait du leur interdire l'accès à sa taverne. Son esprit divaguait et le sourire disparaissait. Il avait réellement été pris d'admiration pour elle et avait réellement voulu suivre ses traces dans le passé, devenant clerc à son tour, devenant maire à son tour. Aujourd'hui c'était encore à elle de s'occuper de ses dérives, un peu comme une mère qui verrait son enfant tour à tour désobéir puis vouloir lui ressembler à tout prix. Une mère ? Non sa mère était Eriphile de Louvelle-Navarre, morte alors qu'il avait quatre ans.*

Bien que mal en point, puisque attaqué cette nuit par les armées de la Franche-Comté, voyez ma bonne volonté puisque je passe outre ma douleur pour me présenter à vous Dame le Procureur et Ser le Juge,

Ne comparait pas devant vous que le maire de Vesoul mais aussi et surtout Eiddin de Margny-Riddermark, fils de Sirius du même nom, Héritier de la Principauté de Condé, Vicomte de Saulx, Baron de Danne-Et-Quatre-Vents, et Seigneur de quatre autres terre. Je suis en effet un des hommes les plus puissant du Royaume et de l'Empire. Ainsi je règne depuis longtemps et de tout temps ai jugé les mécréants qui agissent mal en mes terres.
Par mes fiançailles, et notre alliance, avec Charlotte j'ai obtenu tout droit à juger les mécréants de Dole, du parlement et de ce qui en dépend par conséquence, donc la Franche-Comté.

Voila pourquoi nous nous sommes permis, avec Charlotte descendante d'Adams de Mélincourt, de faire le procès de cette infâme mécréante, qui si l'idiotie était un crime serait déjà morte et enterrée, qu'est la Franche-Comté.

Celle ci est accusée de meurtre à l'encontre de feu mon père Sirius, nous ne retiendrons guère feu mon frère Gawen le fait n'étant pas clairement établi, de feu mon oncle Bralic, de feu mon oncle Delagrâce, de feu mon suzerain Eragon, de feue sa grand-mère Piline, de feu son grand père Pinss,
Celle-ci est de plus accusée de haute trahison à l'encontre de ma suzeraine Daresha,

En plusieurs années de procès et réquisitoires la Franche-Comté ne s'est jamais cachée ou repentie de ces actes horribles, infâmes, et indigne de qui que ce soit se voulant grand et respectable. Ainsi à ce qui lui est reprochée nous pourrions ajouter l'arrogance, mais ce n'est guère un crime reconnu par tous, et dans notre grande mansuétude, pour ne froisser aucun ego, nous avons fait preuve de notre désir de faire un procès qui paraitrait à tous juste.

La Franche-Comté n'ayant rien à dire pour sa défense, qui est de toute manière inutile puisque celle-ci est clairement coupable, nous ne retennons qu'un seul et unique argument pour influer notre jugement. Toute la Franche-Comté n'est pas coupable, nombreux sont ceux à ne pas avoir été d'accord avec elle voir à avoir voulu s'opposer à elle lorsqu'elle trahit ou qu'elle tua.

Et c'est pour cela car nos grandes âmes sont éprises de justices que nous avons décidé de ne punir la Franche-Comté, coupable de crimes bien plus grands que ceux dont on m'accuse icelieu, de manière légère en ne lui prélevant qu'une amende légère comparée à la monstruosité de ses actes.
Nous, Eiddin et Charlotte, avons condamné la Franche-Comté se défaire de l'équivalent de deux millions de deniers, le seizième de Mars de l'an de grasce mile-quatre-cent-cinquante-sept.

Pour exécuter cette peine, puisque la Franche-Comté est unie, nous avons pris les caisses présentent à Dole et Vesoul.

Vous Procureur Elaessya ne pourrez bien évidemment pas être d'accord avec ce jugement puisque vous avez mis vos capacités au service de la Franche-Comté, que vous parlez au nom du Franc-Comte et de la Franche-Comté, que vous n'êtes dans cette affaire pas neutre. Vous ne verrez qu'en nous deux que de simples amants, irresponsables, immatures, ayant décidés de partir vivre, avec un million de deniers chacun, notre bonheur et notre amour librement. Toutefois sachez que nous n'avons pas gardé ces amendes, nous aurions pu paraître intéressés et ce n'est guère notre but, et que je n'ai sur moi que la vingtaine de miches mises dans ma besace et laissée derrière moi, onze deniers, et quelques peaux et pelotes dans mon ancien atelier, que je retrouverai après mon procès.

Mais en ce cas, si nous avons fait un procès juste et désintéressé pourquoi avoir pris la fuite de la sorte ? La réponse est simple pour ma part. Je voulais protéger mon aimée qui a déjà trop souffert de la pression du monde politique de nos jours et qui n'avait guère besoin de ça, pour des raisons qui ne regardent que nous deux. Quant à moi, voyant que le procès ne venait pas et désireux de faire entendre mes explications, j'ai volontairement attendu une journée avant de passer Pontarlier.
Toutefois je ne le vous cache pas je ne m'attendais pas à être agressé de la sorte pendant la nuit. Vous devriez pourtant le savoir, puisque je le sais aussi, que une fois qu'on est mis en procès les décrets de l'Empereur et du Roy font que l'on ne peut guère y couper. Et qu'il n'est guère la peine de faire plus.
Malheureusement, car je n'ai pas tout relevé là, le fait de m'avoir attaqué avec l'armée, alors que vous saviez sciemment qui j'étais, prouve que aux yeux de la Franche-Comté je suis dores déjà coupable. A quoi bon un procès donc puisque, comme je l'ai fais, le jugement a déjà été prononcé ? Et puis cela ne fait-il pas que je suis jugé deux fois pour les mêmes faits ? Si.

Je vous demande donc quoi qu'il arrive la relaxe suite à ce procès, et un dédommagement conséquent au cas ou vous admettriez que mes actes étaient justes.

Merci de vostre attention,

Per Aspera Ad Astra.

*Fait le dix-neuvième de Mars de l'an de grâsce mil-quatre-cent-cinquante-sept, par le Vicomte et accusé Eiddin de Margny-Riddermark visiblement mourant, en le tribunal de Dole.*

Réquisitoire de l'accusation
*Elaessya rit, franchement amusée de toutes ces sottises, et de voir l'accusé les dires comme s'il y croyait véritablement.*

Balivernes que tout cela.

En quoi une histoire attenant à Sirius, ce traitre qui a voulu être calife à la place du calife, condamnerait la Franche Comté ? Vous vouliez punir quelqu'un pour la mort de votre oncle ? Punissez le donc en crachant quotidiennement sur sa tombe, car il a trahi la Franche Comté, près de qui il s'était engagé, avait prêté allégeance. Il en paie à présent le prix.

Votre Honneur, l'accusé tente simplement de noyer le poisson. Nous ne faisons pas là le procès de Sirius, mais bien celui d'Eiddin, ce traitre qui ne mérite pas même de majuscule à son prénom, qui s'est enfui avec la caisse et les biens de Vesoul, si péniblement obtenus, à la sueur du front du peuple et des gestionnaires de la Ville, qui a trahi.

Ce traitre a emporté tout ce que Vesoul avait et a entrainé un autre maire à faire de même. Pillant ainsi une autre ville.

Pour cet acte odieux, ses prétextes fallacieux, je sollicite une amende de 500 écus ainsi que la remise des 20 000 écus volés, sans oublier la peine capitale. Je demande également que ce grossier personnage soit déclaré Persona Non Grata, et donc bannie et mise en liste noire dans les registres de nos armées.

Fait ce jour le vingt quatre mars de l'an 1457.

Lettre en Agora
Aux autorités judiciaires de Franche-Comté,

En tant que fiancée du vicomte Eiddin, et étant donné son retrait de la vie active pour une durée indéterminée, je me permets de vous contacter afin de défendre ses intérêts. Je remercie d'ailleurs messire le juge d'attendre le retour du vicomte avant de prononcer son jugement, c'est tout à son honneur, je sais que d'aucuns sont pressés d'en finir avec l'accusé.

D'abord, j'aimerais savoir où madame le procureur a appris son métier, et si une trace de bon sens existe au plus profond d'elle-même, parce que malheureusement, ce n'est pas ce qui m'est apparu lorsque l'on m'a rapporté son réquisitoire contre le vicomte. A-t-on jamais vu une personne être bannie d'une province (sans indication de durée ?) tout en étant condamnée à la peine de mort alors que, de fait, elle lui a déjà été infligée ? D'autre part, il est évident que, s'il est possible de faire disparaître de l'argent, il est par contre plutôt difficile d'en faire apparaître, de ce fait je ne vois guère ce que madame le procureur cherche à nous dire en réclamant 20 500 écus d'amende à l'encontre de mon fiancé quand il n'a que quelques deniers en poche. Aucun calcul, aucune preuve ne démontrent d'ailleurs ce chiffre de 20 000 écus avancé. Il n'est même pas présenté dans le dossier !

J'aurais ensuite une remarque à l'intention de ces messieurs de la prévôté. Quand on n'est pas capable de s'apercevoir de l'absence d'un maire en son village en moins de vingt-quatre heures, on pourrait éventuellement s'assurer de faire correctement son travail quand on le fait. Contrairement à ce que semble avancer le maréchal Artifice, aucune loi n'interdit à un maire de quitter son village au cours de son mandat. Et si cette loi existait, j'ose espérer qu'elle ne condamnerait pas les contrevenants à la peine capitale ! De même, augmenter les prix de rachats automatiques d'une mairie n'est pas interdit par la loi. Certes, la mise en danger des finances de la mairie l'est. La Constitution indique : "En cas de pertes, vous serez tenu de vous expliquer les raisons au Parlement." Je ne sais trop ce que veut dire cette phrase en françois correct, mais, les pertes de la mairie n'étant pas démontrées dans le dossier, mon fiancé ne saurait être tenu coupable de quoi que ce soit. Quant à la création de pénurie de stocks de hache, ce délit n'existe pas encore en Franche-Comté, et les preuves avancées ne prouvent rien, justement : qui nous dit que le maire régent n'a pas mis toutes les haches dans un mandat, ou qu'il ne les a pas toutes mises en circulation ? Il en est de même pour la milice municipale. Rien ne prouve que le vicomte Eiddin a lui-même arrêté l'embauche de miliciens, et que ce n'est pas le maire régent qui l'a fait. Enfin, quant à l'accusation de pillage, le plus gros morceau, il n'y a pas non plus la moindre preuve de quoi que ce soit. L'inventaire de la mairie est montré, certes vide, mais il pourrait très bien avoir été transféré sur un mandat, ou pillé par le maire régent... Le seul mode de preuve validé par la loi est la "copie certifiée", or pour le moment il n'y a que les dires du maire régent qui mettent en cause mon fiancé. C'est un peu faible pour lancer un procès, surtout de cette envergure.

Enfin, concernant la loi du Talion, qui légalise les attaques d'armées sur brigand, il ne me semble pas qu'elle s'applique dans le cas du vicomte. En effet, d'après ladite loi, "constitue un acte de brigandage, tout acte ou tentative d'agression et/ou de vol sur une personne." Je ne suis pas juriste, et les termes employés sont peu clairs, mais il ne me semble pas que la mairie soit une personne. L'article 4 semble également corroborer cette vision : "le brigandage est un crime poursuivi par la Justice franc-comtoise sur le chef d'inculpation de TALP." Le vicomte n'a pas été poursuivi sous le chef d'inculpation de troubles à l'ordre public, ce qui semble indiquer que nous ne sommes pas dans le cas du brigandage (ou dans le cas où un mauvais chef d'inculpation aurait été donné à la mise en procès). Si donc la loi du Talion ne s'applique pas, alors rien ne justifie l'attaque des armées franc-comtoises contre le vicomte, en tous cas pas la loi, et pas la constitution non plus, qui indique que "les francs-comtois sont libres de circuler dans toute la Franche-Comté". En revanche, si mes recherches s'avéraient fausses, et si la loi du Talion pouvait s'appliquer dans notre cas, ce qui est également fort probable, alors la loi est cette fois claire : "il est entendu que le décès met fin automatiquement à toute poursuite." Si nous sommes effectivement dans ce cas, alors mon fiancé a effectivement été laissé pour mort aux portes de Vesoul, et toute poursuite à son encontre pour brigandage doit être abandonnée. Ou ne pas être entamée. Dans tous les cas, donc, il y a un problème.

Bref, j'ai l'impression que ce dossier a été monté un peu trop rapidement pour être complet et défendable devant une cour de justice, et si quelqu'un pouvait m'en expliquer les raisons, j'en serais heureuse, partant du principe que "tous jouissent des mêmes droits et devoirs", comme l'indique si poétiquement notre belle constitution, et qu'un accusé du haute trahison a autant le droit d'un accusé d'escroquerie d'avoir un dossier judiciairement potable à son encontre.


A Grandson, le trente mars de l'an de grâce mil quatre cent cinquante-six,
par Charlotte d'Arel

Deuxième plaidoirie de la défense
Je n'ai rien d'autre à ajouté pour ma défense, un réquisitoire aussi désolant ne fait que preuve de la crasse de cette Franche-Comté

Verdict
Le prévenu a été reconnu coupable de haute trahison.
Plusieurs juges sont passés depuis l'ouverture du procès et aucun n'a voulu rendre de verdict, il me revient donc de le faire.

Les faits repprochés, à savoir le pillage de deux villes du Comté avec la complicité de Charlotte, sont avérés et reconnus par le prévenu.

Les raisons de ces actes ici entendues ne nous paraissent reposer sur aucune légitimité. Les titres de noblesses dont l'accusé fait prétention lui donnaient devoir de protection envers son Comté, et non droit de pillage. Quand à la Justice, ce n'est pas au premier noble venu de la rendre, nous ne sommes plus au Moyen âge que diantre.

Accusé, levez-vous et écoutez.

Pour toutes les raisons évoquées, nous Rubella de Maiche et Juge de cette cour, reconaissons Eiddin coupable de Haute Trahison envers notre Comté. Noble, il a trahit ses pairs et ses voeux. Fonctionnaire élu, il a trahit le Peuple et la confiance que tous en lui plaçaient. En toute conscience il mériterait la mort, mais celle-ci l'ayant déja frôlé et rejeté, nous jugeons que la déchéance de la prison à vie sera à même de marquer tout aussi bien les esprits.

Gardes, emmenez-le et jettez-le dans la plus profonde et la plus noire des oubliettes.

Le prévenu a été condamné à une peine de prison de 10 jours.
avatar
Blanca.Corvinus

Messages : 44
Date d'inscription : 02/11/2010
Localisation : en Franche-Comté

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum